Récemment un passionné d'histoire recherchait des renseignements sur un ouragan survenu en France le 10 décembre 1711. Il souhaitait savoir si Thouars avait subit cette tempête de grande ampleur.
Cette date coïncide exactement avec la chute de la flèche gothique de l'église abbatiale Saint-Laon. Construite sur le clocher roman de l'église, cette flèche élégante n'était semble-t-il pas assez solide pour lutter contre les éléments. Ce 10 décembre 1711, la flèche, fragilisée par une tempête (un ouragan selon les textes) s'écroule sur une partie de l'église.
Voici une citation de l'ouvrage d'Hugues Imbert : " Histoire de Thouars " publié en 1870 par les Mémoires de la Société de statistique, sciences et arts des Deux-Sèvres.
" Au XVe siècle, une flèche, hérissée de crochets, fut élevée sur ce clocher, dont l'architecture ne comportait pas un pareil genre d'ornement. Le 10 décembre 1711, un ouragan, dont nous parlerons plus loin, renversa cette pyramide. " Hugues Imbert détaille plus loin cet incident : " Le curé de St-Médard, (…) a consigné, sur le registre de sa paroisse, le récit des accidents de la journée du 10 décembre 1711 (…) Depuis le 6e du mois d'octobre dernier, les pluies ont été continuelles et les vents impétueux, mais particulièrement le jour d'hier, 10 décembre, depuis deux heures du matin jusqu'à 4 heures du soir. (…)

Dessin du clocher vers 1860
La plus grande désolation qui soit arrivée en notre dite ville est la perte du clocher de St-Laon, qui faisait la meilleure partie d'icelle. C'était une flèche, la plus belle qu'on peut voir, s'une structure admirable. (…) Hier, à dix heures du matin, les religieux de l'abbaye disant leur grand'messe, ainsi que de coutume, une pierre dudit clocher se détacha du haut, qui tomba sur la voûte du chœur, et qui donna à entendre que ledit clocher allait tomber, ce qui obligea lesdits religieux (…) de se retirer promptement, ainsi que les paroissiens ". Quelques minutes après le haut du clocher traversa la voûte du chœur. La moitié du clocher s'effondra en tombant sur les voûtes du chœur et de la chapelle Marguerite d'Ecosse. Imbert précise ensuite : " Il n'y eut sous les ruines des deux dites voûtes qu'une pauvre femme qui s'y trouva enveloppée. " Il s'agissait d'une mendiante.
Cette tempête ravagea aussi Parthenay par la chute de la flèche de l'église Sainte-Croix, le même jour.
D'autres recherches historiques évoquent cette tempête qui a causé, notamment en forêt de Fontainebleau " les plus grands chablis du XVIII e siècle ". On en suit la trace dans un certain nombre de localités depuis le sud de Chartres jusqu'à Reims.
Ce dessin, édité ici sous forme de carte postale nous montre l'état de l'église Saint-Laon vers 1860, telle qu'elle était depuis 1711. La couverture du clocher ne fut reprise qu'à la fin du XIXe siècle, sous une forme plus simple que la flèche, et certainement plus résistante. Pourtant, le 2 janvier 1998, l'église Saint-Laon perdit 1/5e de sa toiture lors d'une autre tempête… L'histoire se répète !

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