Même si la dernière locomotive à vapeur utilisée à Thouars cesse toute activité en 1971, le dépôt de la gare de Thouars fait de la résistance et retrouve une éphémère seconde jeunesse.
Dès 1969, des équipes de ferrailleurs entament à Thouars, le démontage de plus d'une centaine de locomotives à vapeur radiées des effectifs. La SNCF choisit d'en conserver une partie afin d'ouvrir un musée. Le site choisi est Mulhouse, site privilégié pour une musée " Européen " des chemins de fer. Thouars va participer à cette aventure.

Restauration d'une locomotive pour le
musée de Mulhouse ver 1972
A partir de 1969, le dépôt est chargé de la restauration de certaines locomotives " historiques " pour
être exposées au nouveau musée de Mulhouse. Ces locomotives sont hors service depuis de
nombreuses années. Il faut alors tout remettre à l'état d'origine : cela nécessite, pour certaines, de
redessiner des pièces selon des plans d'époque et de les fabriquer. Les locomotives sont restaurées
pour être présentées en statique. Leur chaudière n'est pas obligatoirement en état. Une fois la
restauration terminée, chaque locomotive est acheminée par le rail par trains spéciaux jusqu'à
Mulhouse.
Ainsi, entre 1969 et 1979, 6 locomotives et
quelques wagons sont confiées au dépôt de
Thouars. La première d'entre elles est la 121 n°340
Forquenot. Construite en Angleterre en 1882, cette
machine fut utilisée par le réseau du Paris-
Orléans. Sa restauration durera de 1969 à 1971.
Le 7 juillet 1971, cette machine est exposée à
Paris dans la gare Montparnasse. La loco suscite
tellement d'intérêt qu'elle ne quittera plus Paris
avant la fin de sa restauration (10 personnes y
travailleront). 10700 heures de travail seront
nécessaires à sa restauration.
Locomotive restaurée pour Mulhouse
Entre 1971 et 1972 : le dépôt restaure la Pacific 231 P.O. 4546. Elle nécessite 9520 heures de travail. En 1972, la mairie de Saint-Pierre des Corps passe commande pour une restauration " sommaire "
d'une locomotive Pacific exposée, encore aujourd'hui à l'entrée de la ville sur un carrefour. Ce sera la
Pacific 232 E 41. 700 heures de travail sont nécessaires.
En 1972, la restauration de la 3.1102 Nord débute. Le flanc droit de cette loco a été découpé pour
montrer le fonctionnement d'une machine à vapeur lors de l'exposition universelle de 1937 à Paris. 12000 heures de travail lui sont consacrées. En même temps, les hommes de la rotonde restaurent la
pompe à incendie du dépôt de Thouars (500 heures de travail). L'année suivante, c'est au tour du
premier autorail Français sur voie normale : il s'agit de l'automotrice à moteur n°ZZ B2 Etat (à
essence). La sellerie est refaite par les ateliers de Romilly (4150 heures de travail au total).
Entre 1973 et 1976, une locomotive " mythique "
est restaurée à Thouars : la 232 U1 dite " la divine
". C'est en fait, la dernière grande locomotive de
vitesse française. Conçue par l'ingénieur De Caso
et construite en 1949 à La Courneuve, cette
locomotive, apte aux 130 km/h sera utilisée
pendant une dizaine d'années sur la ligne Paris-
Lille. C'est un des joyaux du musée de Mulhouse,
ses roues sont aujourd'hui mises en mouvement
(12650 heures de travail). En 1978, la restauration
de la sixième et dernière locomotive s'achève à
Thouars : il s'agit de la ENGERTH 312.
Locomotive 232 U1 Musée de Mulhouse, carte
postale, coll. privé
Construite en Autriche en 1855, cette loco-tender était équipée d'origine de sabots et de tampons en
bois. Elle était en très mauvais état à son arrivée à Thouars. (22400 heures de travail). En 1979, les
ouvriers fabriquent 3 wagons en modèles réduits pour être attelés à un petit train circulant dans
l'enceinte du musée.

Les restaurations de locomotives achevées, la rotonde reste vide. Sa démolition commence le 15
novembre 1975. En 1977, la SNCF fait démonter la passerelle piétons de la route de Saumur et en
1985, les 2 châteaux d'eau accolés à la gare disparaissent à leur tour en même temps que la maison
de garde barrière. La destruction de ces bâtiments marque la disparition des derniers symboles de la
vapeur à Thouars. Place à la modernité et aux locomotives diesel et électriques.

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