L'orangerie du Château de Thouars fut construite au milieu du XVIIe siècle à la fin de la période de construction du château. De nombreux historiens évoquent le fait que cette orangerie aurait servi de modèle à la première orangerie du château de Versailles, aujourd'hui disparue. Elle date également de la même période que celle de Meudon, construite par Louis Le Vau. Quelle fut la première ?

Orangerie du château, aquarelle, vers 1830

Les comptes de 1658 révèlent la livraison de matériau pour la construction de l'orangerie : " … pierre de tuffe pour contruire par le dedans et par le dehor le bastiment de l'orangerie et la route des terrasses… ".
Il s'agit d'un édifice de 66 mètres de façade abritant une salle de 11 mètres sur 98 mètres de long.
Sur les volontés de Marie de La Tour d'Auvergne, dès le XVIIe siècle, des jardins furent aménagés sur la terrasse entre le château et l'orangerie sous la forme de parterres de broderies. L'esplanade accueillait, quant à elle, des orangers en caisse. En contrebas, plusieurs terrasses, aménagées en jardins à la française s'étalaient jusqu'aux berges du Thouet.
Mais l'âge d'or de l'orangerie ne dure pas. Dès le lendemain de la Révolution, l'orangerie fut utilisée comme gymnase de la caserne du château. Lors du percement de la Route Nationale en 1838, une partie des jardins a disparu ainsi qu'un éperon supportant un mail à l'ouest.
A partir de 1872, le château devenant " Maison de force ", l'orangerie va être transformée en ateliers pour faire travailler les prisonniers. Ceux-ci y fabriquèrent des corsets, des cycles et aussi de boutons de nacre. Pour étendre ces ateliers, de nombreux bâtiments furent construits face à l'orangerie, complétés par de hauts murs d'enceinte pour éviter toute évasion.

Une fois la prison du château fermée en 1925, la Ville de Thouars décida de louer les bâtiments à des entreprises privées pour en faire une usine. Ce sont tout d'abord les établissements Thomas, fabriquant des cycles BIM'S, et les établissements Gourdon, fabriquant de chaussures. Une usine d'aviation, usine RUSZ s'y installa en 1939. Dans cette usine, de nombreux faits de sabotage vont entraîner des déportations. Devenue usine DOP (Dispositif Oléo-Pneumatique), elle continua son activité jusqu'en 1969 où elle ferma définitivement ses portes.
Jardin de l'Orangerie en 2004
La Ville récupéra les bâtiments en confiant certains d'entre eux à des associations thouarsaises. Dans les années 1970, la Cité Libre du Vieux Thouars y organisa des bals à l'ancienne pour redonner vie à l'orangerie.
Dès 1965, on pense restituer les jardins. L'architecte en chef des Monuments Historiques, Charles Dorian, propose un aménagement des jardins accompagné de la construction d'un nouveau gymnase pour le collège du château. Seul ce projet voit le jour sans pour autant trouver sa place dans l'esthétique et l'harmonie qu'impose ce site.
En 1984, les bâtiments datant de la maison de force furent détruits pour dégager le monument. Seul un pavillon d'entrée des ateliers fut conservé.
Les façades extérieures et une salle annexe ont ensuite subit d'importants travaux de restauration.
En 2004, les estivales des jardins ont permis d'évoquer ce que pourraient être ces jardins reconstitués, ce fut un réel succès auprès des Thouarsais.
Reverrons-nous ces jardins dans quelques années et de façon définitive ?
© Service Ville d'art et d'histoire, Ville de Thouars
Si vous souhaitez utiliser ce document
dans un cadre public ou professionnel,
merci de nous contacter pour obtenir
une autorisation.

Service Ville d'art et d'histoire
Hôtel de Ville - BP 183
79103 Thouars
Tél : 05.49.68.16.25
fax : 05.49.68.16.09
service.patrimoine@ville-thouars.fr
> Tous les "Hist'thouars"