Nous ne pouvions parler du pavillon de Marie de la Tour d'Auvergne sans évoquer la richesse de ses décorations intérieures.
Même si nous n'avons pas beaucoup de traces des aménagements intérieurs du château, il nous reste quelques éléments sur place ou intégrés dans les collections du musée Henri Barré.

Ce pavillon, voulu par la duchesse de Thouars, se devait de montrer l'exemple.
Ses appartements étaient aménagés avec les plus beaux meubles de ce milieu du XVIIe siècle, plusieurs inventaires intérieurs du château nous permettent d'imaginer ces pièces, ceux-ci ont été dressés en 1652, 1672 et 1790.

Carreaux de faïence
Si le mobilier a disparu, détruit ou vendu pour la plupart des meubles en 1790, nous avons la chance aujourd'hui de conserver en ce lieu différents éléments de décors des XVIIe et XVIIIe siècles.
Le cabinet, souvent appelé " boudoir " conserve son plafond à compartiments peints. Même si ce dernier a subi plusieurs restaurations dont une en 1966, il présente un exemple de l'esprit des décorations de cette période.
Il s'agit d'un plafond composé d'une cinquantaine de caissons représentant soit des compositions florales, soit des symboles liés à la famille des La Trémoïlle. Le motif le plus connu et certainement le plus intéressant représente deux tours d'où s'échappent des flammes se rassemblant en une seule. Cette mention en lettres d'or surmonte ce motif : SIC UNICA FLAMMA DUOBUS (" ainsi, il n'y a qu'une flamme pour deux "), symbole de l'union de Marie de la Tour d'Auvergne et d'Henri de La Trémoïlle.
Ce plafond est le seul à conserver un décor peint. Les autres, beaucoup plus vastes, pourraient être comparés aux plafonds XVIIe conservés au château d'Oiron, mais rien ne nous permet de l'affirmer.

Un autre élément majeur subsiste : il s'agit d'une partie du dallage du Grand Cabinet réalisés en faïence dans l'atelier Conrade de Nevers. 480 carreaux de faïence (432 entiers et 96 demis), ont été commandés en 1636 à Nevers. Ils portaient les armes de Marie de la Tour d'Auvergne sous la forme d'une tour entourée de 4 fleurs de lys or sur fonds bleu azur.
Toute la surface de la pièce était couverte par ces carreaux.
Les décors et le mobilier du château ont subi un sort " prévisible " en 1789 : destruction, vente puis dispersion de ces éléments.


La ville de Thouars conserve tout de même quelques pièces, actuellement visibles au Musée Henri Barré.

Plafond du boudoir
Le pavillon, suit les destinées du château : l'Etat y installe, en 1797, le siège de la sous-préfecture et du tribunal de première instance. En 1833, l'État vend le château pour 25.000F à la ville de Thouars, il sert de caserne jusqu'en 1849. Il est ensuite confié à des prêtres qui y installent le collège Saint-Louis, collège privé jusqu'en 1869. Le pavillon accueille les bureaux d'une partie de la prison ou " maison centrale de force " de 1872 à 1925. De 1933 à 1995, le pavillon est utilisé en salles de cours et en bureaux de l'intendance pour les besoins du collège public installé dans le château. Depuis 11 ans, le collège ne l'occupe plus, il a tét désaffecté de son usage scolaire pour être restitué à la Ville de Thouars et c'est là, une autre histoire…
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