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Dès l'ouverture
de la gare en 1873, des maisons sont peu à peu construites
à proximité du bâtiment principal de la gare.
Le nombre d'employés va très vite augmenter entre
cette fin du siècle et les années 1920. Il faut construire,
et vite ! Les salaires de l'époque ne sont pas suffisants
pour que ces familles construisent elles-mêmes leur logement.
Les compagnies de chemins de fer se structurent et vont donc construire
les habitations et les louer.Les plus anciennes sont situées
face à la gare et le long de la rue Danton.
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Village
noir vers 1915
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Progressivement,
dans les années 1910, ces maisons en pierres, presque identiques
s'étalent et de nouvelles rues se forment en se rapprochant
du dépôt. Les rues Carnot, Anatole France en sont des
exemples. Après la rue Rabelais et l'ancien café du
dépôt (récemment déconstruit), apparaît
un nouveau quartier nommé " Village Noir ". Deux
tranches peuvent être distinguées : la place Clément
Ménard construite autour de la première guerre mondiale
et un ensemble d'une cinquantaine de logements construits le long
de la rue Waldeck Rousseau, celui qu'on appelle toujours " village
noir ". Les maisons de cette cité édifiée
en face du dépôt sont construites dans les années
1920 selon la politique d'hébergement des chemins de fer et
suite aux dommages de guerre. Certaines maisons sont bâties
en briques et pierres, les plus récentes sont, quant à
elles construites à partir d'une structure métallique
et des éléments préfabriqués. |
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Ce
type de logement à bon marché fut conçu en Allemagne
et monté dans plusieurs cités cheminotes en France après
1918 comme à Nantes, Le Mans et Thouars. Longtemps, on entend
parler à Thouars de la cité métallique de l'Etat.
Ces maisons ont une esthétique jugée assez douteuse
à leurs débuts, les façades sont composées
de tôles ondulées noires. L'intérieur est pourtant
en avance sur son époque, disposant d'une vraie salle d'eau,
grand progrès pour l'époque. Le village noir est un
quartier social qui accueille les familles cheminotes aux salaires
les plus modestes, parmi lesquelles beaucoup de familles nombreuses. |
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Le
village noir en 1925
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La
vie y est très particulière, rythmée par le passage
des trains qui remplacent l'horloge pour ses habitants. A toute heure
du jour et de la nuit, des cheminots en bleu de chauffe partent au
travail ou en reviennent, souvent barbouillés de cambouis.
On les surnomme les gueules noirs. Une ambiance familiale règne
au sein du quartier : les familles s'entraident, organisent des sorties
ensemble
Le centre social est d'ailleurs implanté au
cur du quartier. Celui-ci comprend un centre de loisirs où
les enfants se retrouvent. Les jeudis, jusque dans les années
1950-1960, les garçons y apprennent la menuiserie ou le jardinage
pendant que les filles apprennent la cuisine, la couture
Au
centre social est enseigné l'hygiène et la puériculture
aux femmes du quartier. Elles peuvent y consulter gratuitement le
médecin des chemins de fer. |
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En
bordure du quartier un Economat est construit dans les années
1920, selon la politique sociale des chemins de fer, l'Economat est
le " supermarché " du cheminot. Les prix pratiqués
y sont moins élevés que dans les commerces privés
et de très bonne qualité. Le montant des achats est
directement prélevé sur le salaire et les dépenses
sont ainsi contrôlées, c'est une aide réelle aux
familles pour gérer leur budget. L'économat de Thouars
sert de base d'approvisionnement pour les autres centres, vers lesquels
des trains-économats sont régulièrement envoyés. |
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Le
centre social en 2001
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Les
emplois de vendeuses sont réservés en priorité
aux veuves, femmes ou filles de cheminots. C'est un lieu de rencontre
et de discussion
et vers la fin des années 1950, le rendez-vous
des enfants autour de l'unique poste de télévision du
quartier.
Ce quartier est toujours au cur de cette âme cheminote.
Une grande partie des logements, devenus aujourd'hui propriétés
privées, sont encore habitées par des cheminots retraités.
Une seule construction a gardé son aspect initial, il s'agit
de l'ancien centre social pour les permanences hebdomadaires d'une
assistante sociale. Ce témoin devrait être préservé,
ce quartier le mérite. |
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©
Service Ville d'art et d'histoire, Ville de Thouars |
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